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12.04.2012

Sébastien Bazin (promo 80)

Sébastien BAZIN, Directeur Général Europe du fonds d’investissement « Colony Capital » : actionnaire dans le football (PSG), l’hôtellerie (Lucien barrière ou ACCOR en partenariat avec Eurazeo), la distribution (Carrefour en partenariat avec Bernard Arnault ou BUT), les hôpitaux, les vignobles ….

J’ai été élève à Saint Jean de Passy de la huitième à la terminale et appréciant tellement l’établissement … qu’il m’a été demandé de recommencer ma classe de cinquième ! Au-delà des enseignements dispensés, j’ai gardé le souvenir de visages, de professeurs marquants : d’abord, l’inénarrable M. HOUSSAIN (professeur d’histoire-géographie et de S.V.T.), ceux qui l’ont connu ne peuvent l’oublier ; puis, je pense à Mme SIMOTTEL (allemand) et Mlle LE GALL (anglais) : aujourd’hui, je peux l’avouer – reconnaissons une prescription – j’étais amoureux !

Enfin, le fil rouge de ma scolarité, et de très loin, ce fût le sport : mes activités étaient fort nombreuses : rugby, hand-ball, gymnastique, natation, les sports d’hiver organisés pendant les vacances de février. Derrière toutes ces pratiques, je peux mettre des noms : M. FANTINI et M. GROZINGER professeurs d’E.P.S., M. DESTOUCHES alors surveillant (le port des sabots marquant les élèves !) et sportif accompli, M. DELATTRE et enfin M. Emile GAUNET, professeur d’EPS, envers qui j’ai un lien très fort.

Ces moments sportifs ont accompagné ma scolarité, et ils étaient, a posteriori, mes seuls centres d’intérêt scolaires. Ils m’ont peut-être permis de me faire apprécier de mes camarades, car de la sixième à la terminale, j’ai toujours été délégué de classe ! J’ai poursuivi une scolarité moyenne, passant de première scientifique à une terminale B (économique et sociale) pour obtenir en 1980 mon baccalauréat … à l’oral ! Je crois que cela n’arrive plus beaucoup à Saint Jean actuellement. A l’époque, seuls quelques élèves avaient la mention « très bien ».

Attention à l’élitisme ultra développé : il faut garder pour les adolescents une indépendance d’esprit, qu’ils ne soient pas tous formatés et qu’ils connaissent des différences de niveau, de comportement.

L’ancien élève de Saint Jean de Passy que je suis ne peut que ressentir un attachement particulier envers cet établissement, car la connivence créée entre les élèves est puissante, la camaraderie proche de celle existant dans les internats.

Les classes préparatoires n’étaient pas si répandues qu’aujourd’hui, et je n’avais pas le dossier scolaire adéquat. J’avais la possibilité de m’inscrire en faculté de gestion à la Sorbonne ou à Dauphine. Mais je voulais aussi une indépendance financière rapide, travailler tout de suite. Or à Dauphine, il fallait être présent obligatoirement aux cours et aux T.D. ; à, la Sorbonne, seule la présence aux T.D. s’avérait indispensable. Le choix fût simple : je me suis porté vers cette dernière faculté, et j’ai pu ainsi découvrir le monde du travail : tour à tour laveur des vitrines dans les salons professionnels d’exposition, veilleur de nuit à l’hôtel « Lenox », ce qui me permettait de travailler mes cours, et principalement assistant dans une banque d’affaires apprenant et observant les métiers financiers : cours de bourse, relevés financiers…

Ma maîtrise de gestion obtenue, par l’intermédiaire de mon beau-père, j’ai pu partir aux Etats-Unis découvrir les milieux d’affaires américains (1984 à 1991). J’ai participé à ces années de grandes manœuvres financières liées aux OPA, aux fusions-acquisitions : quel souvenir après le rachat par mon boss américain d’une entreprise de production d’aluminium d’être envoyé à 26 ans comme assistant du nouveau chairman négocier l’avenir de 300 000 salariés !

Après un retour en Europe toujours dans le monde des fusions-acquisitions (banque Hottinguer), je rentre chez « Colony Capital » à la suite de ma rencontre avec Tom Barrack, son PDG : je n’ai jamais eu de plan de carrière et suis souvent parti pour un homme avec cette question : « qu’est-ce que je vais bâtir avec lui ? » Directeur général Europe de ce fonds basé à Paris, aujourd’hui nous représentons le tiers des 45 milliards d’euro de chiffre d’affaires. Ce fonds est spécialisé dans l’expertise immobilière : prenons l’exemple du PSG : « Colony Capital » doit apporter sa valeur ajoutée en valorisant l’exploitation du Parc des Princes. Par ailleurs, concernant l’équipe, je suis fier aussi du développement du centre d’entraînement et de formation à Saint Germain en Laye. Evidemment, pour le grand public, je suis souvent interpellé pour le PSG…mais celui-ci ne représente que 2% de mes investissements !

En définitive, tant par mes parents que par Saint-Jean de Passy, je suis redevable de cette éducation chrétienne liée aux valeurs de relations humaines, de respect de l’autre. Je suis très attaché à cette parole de l’Evangile que « les premiers seront les derniers ». Si j’avais un message à transmettre aux élèves actuels, je dirais que le diplôme est un passeport indispensable, mais n’est ni un critère d’intelligence, ni une reconnaissance absolue. Mes collaborateurs ont tous fait de meilleurs études que moi et alors ! Je les juge sur leurs capacités à entraîner la confiance des équipes, au courage de leurs actions ; je condamne l’arrogance. L’autorité ne se décrète pas uniquement par le cursus, il faut savoir rester humble.

Entretien réalisé par Antony CONTESSA (SJP 1988)

Le contrepoint d’un professeur :

Pour avoir réussi à St Jean une scolarité sans faute, Sébastien, était obligatoirement un bon élève , même si par modestie il proclame le contraire. Je garde du collégien et du lycéen l’image d’un sportif accompli. Ses qualités physiques et morales lui ont permis d’accéder très tôt à une pratique de haut niveau : - championnat de France scolaire en compagnie entre autre d’Arnaud Bouet ( gardien de l’équipe de France de water polo aux JO) - rugby en équipe avec P.O. Morlaas , M. Dupuy d’Angeac.... - en hand ball sous les couleurs du C.S. France avec Brice Hortefeux .....

Maintenant je peux apprécier l’homme , l’homme au grand cœur capable spontanément d’offrir un cadeau de Noël inoubliable à une cinquantaine de jeunes de banlieue (mon nouveau club de .... soutien scolaire ) sous forme d’invitations au PSG ( match , buffet , rencontre avec les joueurs , cadeaux ).

Esprit Saint Jean ?

Merci à tous les Anciens pour tout ce que vous nous apportez.

Emile GAUNET, professeur d’EPS